Rencontre Avec Le Nouveau Chanteur Afropop Qui A Le Vent En Poupe: Serge Ndoumbé

Par Mama Bana Badji

Le chant est une forme d’expression, un cri panafricain  pour le chanteur que l’on vous fait découvrir sur RFL Paris. Entretien avec Serge Ndoumbé.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous?

Je suis Camerounais d’origine et 100% Sawa. Avant tout panafricain, et afroptimiste, j’essaye de mettre en valeur la culture noire et particulièrement africaine à travers mon travail, aussi bien musical que cinématographique.

Quand avez-vous commencé à chanter?

J’ai commencé à chanter tout petit, à l’âge de huit ans … et lorsque j’ai eu douze ans, je me suis mis à écrire des chansons. À l’époque c’était vraiment pour être comme tous les autres jeunes :“branché”; comme on disait en ce temps-là. En réalité c’est bien plus tard que j’ai pris la musique sérieusement. C’est devenu un moyen d’expression à travers lequel j’explore ma créativité et mon imagination.

Comment qualifiez-vous la musique que vous faites? Est-elle porteuse de message?

La musique que je fais réside entre l’Afro-Pop, l’afrobeat et l’Afrotrap. Je suis toujours sincère d’un point de vue émotionnel, tout en décrivant une expérience personnelle..En réalité, ma musique et mon vécue. Mes messages sont les fruits de mes découvertes. En cela, ils sont extrêmement variés, partant des relations amoureuses à la pauvreté qui sévit dans les rues de Douala au Cameroun, par exemple.

Parlons un peu d’inspiration ; cette piece maîtresse derrière toute oeuvre d art. Peut-on savoir là où vous puisez la vôtre?

Avec un peu d’imagination et beaucoup de sensibilité, il est assez facile de parler de son expérience si on décide d’être totalement ouvert et honnête. L’honnêteté dont je parle est une honnêteté qui force l’artiste à dire sa vérité d’un point de vue émotionnel et à ne pas avoir honte de son vécu. C’est souvent là que le problème se trouve chez la plupart des artistes : très peu veulent s’exposer. J’ai du mal à ne pas le faire comprenant qu’il n’y a aucun autre moyen d’être authentique que d’être  sincère.

Pouvez-vous nous citer quelques artistes que vous considérez comme des références?

Les artistes qui me servent de référence sont nombreux. Les principaux sont des artistes camerounais tels que “Petit Pays”, Richard Bona, Guy Lobe, ESA, Dina Bell, Hoiguen Ekwalla, “Douleur”… À l’international R. Kelly et toutes les  voix diverses nécessaires à mon enrichissement musical. De Frank Sinatra à “Ace hood” en passant par “Meek Mill” et Stevie Wonder, tout se mélange … tout se rattrape… tout se rejoint. Et ceci parce que la musique n’est qu’une tentative à l’expression de soi.

On a remarqué que vous vous intéressez aussi au 7e art. Comment arrivez-vous à concilier ces deux métiers? Ont-ils des points communs?

Le cinéma est d’abord visuel avec un grand élément sonore, la musique est visuelle mais avec et principalement une importance sonore. Le septième art et la musique ne sont que des manières d’expression de soi, c’est l’imagination et la créativité dans toute sa splendeur bien qu’étant exprimée sous des angles et des approches différent.e.s.

Avez-vous des projets cinématographiques?

Toutes mes vidéos musicales sont écrites, produites et réalisées par moi;ce sont déjà là des petits projets cinématographiques. Mais la question est de savoir si je pense à faire un film, et je répondrais que oui, dans les rues de mon enfance, à Deido, Douala au Cameroun. Je profite de cette occasion pour dire que la diaspora particulièrement se doit de donner l’exemple lorsqu’il s’agit de mettre sur pied des projets, pas seulement artistiques d’ailleurs, promouvant le continent Africain. Bien sûr il y a de nombreuses contraintes financières et parfois logistiques en fonction des situations de chacun. Cependant, il est temps que les choses se fassent ainsi. De toute façon, nous les Africains de la diaspora n’avons pas trop le choix, soit on se lance soit l’Occident ou la Chine nous devancent, ce qui est déjà le cas depuis bien longtemps.

Nous saluons votre détermination. Si aujourd’hui vous devez lancer un message à la jeunesse africaine, cette jeunesse la même qui  n’a plus espoir ni confiance en elle, cette jeunesse qui meurt en mer Méditerranée, quel message serait-il?

J’ai un message d’espoir, de joie, de paix et de fierté en ce qui concerne la jeunesse Africaine. Nous sommes un continent dont la moitié de la population a moins de 35 ans et notre population est sur une courbe croissante. Subséquemment, qui dit jeunesse dit force, action, rêve, ambition, espoir, passion, détermination, inventivité, spontanéité…ect.Nous sommes le futur, alors, nous devons persévérer loin du découragement. Par contre la pauvreté nous ralentit, nous asphyxie, nous atrophie, nos dirigeants sont totalement déconnecté; à l’exception prêt de quelques pays subsahariens. Nous sommes maintenus dans l’immobilisme par les forces étrangères qui ne peuvent s’empêcher d’utiliser nos terres et nos ressources pour alimenter leur “lifestyle”. Néanmoins, la jeunesse ne connaît pas le pessimisme. C’est là, une qualité qu’elle possède de manière intrinsèque. Alors de toute façon le futur est brillant, il faut juste qu’on se réveille et qu’on ne se décourage pas.

Le chant, à ceux qui reconnaissent son utilité, permet de faire passer des messages d’unité, d’amour et de paix comme le fait si bien Serge Ndoumbé. Nous le remercions chaleureusement ainsi que son manager et producteur Christian Toco d’avoir accepté notre demande d’interview. Nous leur souhaitons une carrière longue et épanouissante.

 

 

 

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